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Piscine qui perd de l'eau : évaporation ou fuite ? Le test du seau
Entretien & traitement de l'eau

Piscine qui perd de l'eau : évaporation ou fuite ? Le test du seau

9 min de lecture

Une piscine qui perd de l’eau ne fuit pas forcément : le vent, la chaleur et un air sec abaissent le niveau chaque jour, sans aucun défaut. Le test du seau tranche. Si le bassin descend plus vite que l’eau d’un seau posé sur une marche, la perte est anormale et la fuite reste à localiser.

Piscine qui perd de l’eau : la part normale de l’évaporation

Un bassin découvert rend de l’eau à l’air en permanence. Rien d’anormal : la surface échange avec l’atmosphère qui la balaie, et le niveau descend sans bruit, jour après jour.

Cinq conditions accélèrent cette évaporation naturelle :

  • le vent, qui chasse la couche d’air humide posée sur l’eau et la remplace par un air plus sec ;
  • un air sec, qui absorbe davantage de vapeur qu’un air déjà chargé d’humidité ;
  • un écart marqué entre une eau tiède et un air frais, typique des nuits de fin d’été ;
  • un ensoleillement direct du matin au soir ;
  • un bassin laissé sans couverture, nuit comprise.

Une eau chauffée cumule ces effets. Maintenue tiède par une pompe à chaleur, elle s’évapore surtout la nuit : notre dossier sur la pompe à chaleur de piscine explique pourquoi la couverture nocturne pèse autant que la puissance de l’appareil.

D’autres départs d’eau n’ont rien d’une fuite : les éclaboussures d’un après-midi de jeux, l’eau emportée par les baigneurs, le contre-lavage du filtre à sable qui envoie une bonne quantité d’eau à l’égout. Le piège consiste à comparer votre bassin à celui d’un voisin ou à vos souvenirs de l’été dernier. Aucune valeur universelle ne fait foi : seule une mesure prise chez vous, dans la météo du moment, distingue l’évaporation d’une perte anormale.

Surface d’une piscine enterrée ridée par le vent sous un ciel d’été dégagé

Le test du seau en cinq gestes

Le principe compare deux volumes d’eau soumis à la même météo : le bassin, et un seau qui ne peut pas fuir. S’ils baissent autant, l’évaporation explique tout. Si le niveau du bassin descend davantage, l’écart correspond à de l’eau qui s’échappe ailleurs.

  1. Ramenez l’eau à sa hauteur habituelle, vers le milieu de la bouche du skimmer, puis fermez le régulateur de niveau s’il existe, sans quoi il compenserait la perte en silence.
  2. Remplissez un seau propre avec l’eau de la piscine et posez-le sur la première ou la deuxième marche, de façon que son eau affleure à la hauteur de celle du bassin.
  3. Marquez au feutre ou au ruban adhésif le niveau à l’intérieur du seau, puis celui du bassin sur la paroi extérieure du seau.
  4. Coupez la filtration et laissez l’eau au repos : ni baignade, ni robot, ni appoint.
  5. Relevez les deux écarts avec une règle après vingt-quatre heures au minimum, idéalement deux ou trois jours, en notant les dates et la météo.

Un orage pendant l’essai fausse la lecture : recommencez par temps stable. Sur une hors-sol dépourvue d’escalier, la marche de l’échelle accueille le seau, à condition qu’il reste stable et en partie immergé pour garder la température du bassin.

Le bassin baisse plus vite que le seau : une perte anormale

Quand le repère du bassin s’est éloigné nettement plus que celui du seau, l’évaporation ne suffit plus à expliquer l’écart. De l’eau quitte la piscine par trois chemins possibles : les canalisations encastrées sous la plage, les pièces à sceller (skimmers, buses de refoulement, projecteurs, prise balai, bonde de fond) et l’étanchéité du bassin lui-même. Une fuite faible sur ces éléments ne laisse souvent aucune flaque visible.

Situer le point exact relève alors d’une recherche de fuite menée par un spécialiste, avec des appareils capables d’écouter une canalisation sous une dalle ou d’éprouver un réseau sans ouvrir la plage au hasard. Basée à Annecy, Hydro Solutions travaille en Haute-Savoie, en Savoie, en Isère, dans l’Ain et le pays de Gex ; elle décrit cette démarche sur sa page Detection de fuite piscine : les canalisations encastrées, les pièces à sceller et l’étanchéité du bassin y figurent comme les origines à examiner, sur une piscine, un spa, un bassin ou un réservoir tampon. La localisation se fait sans casse, puis un rapport photo et un devis de réparation précèdent la venue d’un technicien qui répare la fuite si le client valide.

Point de contrôle à noter avant l’intervention : la hauteur à laquelle la baisse s’arrête, si elle s’arrête. Une eau qui se stabilise juste sous la bouche du skimmer ou à hauteur d’un projecteur désigne une zone à examiner en priorité, un niveau qui continue de descendre sous toutes les pièces oriente plutôt vers le fond ou l’étanchéité. Coupez la filtration dès que l’eau passe sous le skimmer, pour que la pompe ne tourne pas à vide, et consignez cette hauteur avec les relevés du seau : le technicien s’en sert dès son arrivée.

Filtration arrêtée, puis en marche : le circuit ou le bassin ?

Deux observations complémentaires affinent ce relevé et donnent au spécialiste une première piste. La première consiste à doubler le test du seau : une période filtration arrêtée, puis une période de même durée filtration en marche, selon la programmation habituelle.

Lire l’écart entre les deux périodes

  • filtration en marche, une perte d’eau plus forte rend suspect le refoulement, sous pression quand la pompe tourne, ainsi que les raccords du local technique ;
  • à l’arrêt, une perte plus forte oriente vers l’aspiration (skimmers, bonde de fond, prise balai), car ces conduites travaillent en dépression pendant la filtration et aspirent de l’air au lieu de laisser filer l’eau ;
  • une perte identique dans les deux cas désigne plus probablement le bassin lui-même : liner, coque, revêtement ou joint d’une pièce à sceller.

Ces lectures restent des probabilités : une piscine cumule parfois deux défauts.

Mains gantées sur la poignée de la vanne d’un filtre à sable dans un local technique

Regarder le local technique

Pendant la période en marche, ouvrez le local technique et observez sans rien démonter : une flaque sous la pompe, un raccord qui perle, un collier humide, une évacuation vers l’égout qui coule alors que la vanne du filtre est en position filtration. Ce dernier signe trahit souvent une vanne multivoie dont le joint interne fatigue, une perte bien réelle qui ne doit rien au bassin. Des bulles qui ressortent par les buses, ou un préfiltre de pompe qui se remplit d’air, signalent une prise d’air côté aspiration.

Le colorant, au plus près des pièces à sceller

La seconde observation se fait au colorant, sur une eau parfaitement immobile : filtration coupée, robot sorti, journée sans vent. Une fuite aspire l’eau qui l’entoure, si bien qu’un petit nuage de colorant libéré tout près d’une fissure file vers elle au lieu de se diluer.

Prenez un colorant de détection, de la fluorescéine par exemple, ou à défaut un colorant alimentaire concentré, dans une seringue ou un flacon pipette. Approchez lentement, libérez quelques gouttes contre le joint, puis observez sans bouger.

Les points à passer en revue

  • le pourtour de la bouche de chaque skimmer, là où il rejoint le liner ou le revêtement ;
  • les buses de refoulement et leur bride ;
  • le hublot des projecteurs et le passage de leur câble ;
  • la prise balai ;
  • les angles, les marches et les plis du liner ;
  • la bonde de fond, la plus difficile d’accès.

Colorant rouge aspiré vers une buse de refoulement sur la paroi d’une piscine

Lire le résultat sans conclure trop vite

Un colorant aspiré franchement vers un joint désigne un point suspect, pas forcément le seul. Un colorant qui reste immobile ne disculpe pas une canalisation enterrée, invisible depuis le bassin. Pour la bonde de fond et les zones profondes, plonger au masque suppose une eau saine et un nageur à l’aise : au moindre doute, laissez ce point au technicien et à son matériel.

Hors-sol, liner, coque, béton : les indices propres à chaque bassin

La piscine hors-sol

Sur une piscine hors-sol, la fuite se trahit souvent au sol : herbe détrempée au pied de la paroi, tapis de sol humide, terre qui reste mouillée par temps sec. Les raccords des tuyaux de filtration et les vannes d’arrêt passent en premier, puis le fond, poinçonné par un caillou ou une racine. Un petit trou dans le fond d’une tubulaire se repère à la main ou au colorant, puis se répare avec la rustine prévue par le fabricant, selon sa notice. Démontés et remontés à chaque saison, comme le décrit notre guide de l’hivernage d’une piscine hors-sol, raccords et bouchons méritent un contrôle à chaque remise en eau.

La piscine enterrée à liner

Deux familles de défauts cohabitent : la membrane percée, déchirée ou décollée, et les jonctions avec les pièces à sceller, serrées par des brides et des joints qui durcissent avec les années. Un petit trou se répare avec une rustine adaptée au liner, posable sous l’eau pour certaines ; un joint de bride fatigué se remplace.

Coque et béton

Sur une coque, regardez les raccords des pièces et toute fissure du gelcoat. Sur un bassin béton, une fissure du revêtement ou un joint de carrelage ouvert laisse l’eau gagner la structure. Dans tous les cas, une fuite sur les canalisations enterrées se devine parfois en surface : une plage qui s’affaisse, une bande de pelouse plus verte que le reste, un regard qui reste humide.

Ni vidange ni colmatant avant la recherche

L’attente du rendez-vous pousse parfois à des gestes qui compliquent la suite.

Gardez le bassin en eau. Un liner privé d’eau sèche, se rétracte et se remet mal en place, une coque vide risque de se soulever sous la poussée d’une nappe, et la recherche de fuite se mène le plus souvent sur une piscine remplie à son niveau de fonctionnement.

Laissez de côté les produits colmatants. Versés dans le bassin ou dans le circuit, ils visent des microfissures et peuvent masquer un temps le point de fuite sans le réparer, ce qui brouille la localisation. Leur usage éventuel vient après le diagnostic, sur avis du professionnel.

Surveillez l’eau d’appoint. Chaque remise à niveau avec l’eau du réseau déplace l’équilibre chimique du bassin : contrôlez le pH et l’alcalinité après chaque appoint important, selon notre méthode pour équilibrer le pH de la piscine. En période de sécheresse, un arrêté préfectoral de restriction encadre parfois le remplissage des piscines privées : vérifiez les mesures en vigueur dans votre commune avant de compenser la perte au tuyau d’arrosage.

Côté assurance, la garantie dégâts des eaux ou une extension piscine du contrat habitation couvre parfois une partie des frais de recherche, selon le contrat : posez la question à votre assureur avant de faire venir le technicien.

Prochaine étape : avant de tendre la bâche d’hivernage, refaites un test du seau sur deux jours calmes. Une fois le bassin couvert, une perte d’eau passe inaperçue jusqu’au printemps, alors qu’un relevé fait maintenant laisse tout l’hiver pour organiser la recherche.